Ali Le berbère

Publié le par Vincent

Première semaine, Un nouveau baptême : «Vincent trop compliqué, toi maintenant Ali !»

 

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Un réveil animalier branché TOUS les jours dès 5heures du matin !

 

C’est grâce à ces chers coqs que chaque matin je me réveille dans ce coin du monde, un réveil que l’on ne peut éteindre et qui sonne et qui sonne !...

Aït Ayoub est ce fameux petit hameau  que j’ai découvert la semaine dernière en arrivant par une longue route sinueuse parcourue avec Lahoucine, finalement retrouvé à Marrakech le lendemain de mon arrivée.

Arriver à Aït Ayoub est déjà un voyage. Depuis Azizal, capitale de la province et dernière « grande ville » avant d’entrer dans la vallée, nous parcourons une route de montagne. Traversant les villages au beau milieu de nulle part, on se demande comment les gens peuvent vivre à ici !

Nous croisons des femmes assises sur le bord de la route avec leur bébé en bandoulière dans le dos. Seules en train de surveiller leur troupeau ou devrais-je dire leurs 5 à 6 moutons !

Tabant est l’ultime village avant le hameau. Comme on peut le voir dans tous les villages marocains, c’est dans la rue que la Vie a lieu.

Contrairement au Québec où j’ai pu traverser de nombreux villages sans croiser « âme qui vive ». Ici tout le monde est dans la rue, des petits enfants jouant avec une boite de conserve aux mules qui traversent la route, en passant par les vieillards adossés à un poteau.

 

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Le principal moyen de circulation dans la vallée: la mule !

 

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Un village traditionnel berbère au pied de Sidi Moussa

 

            La première étape avant d’aller au gîte fut comique : il fallait que j’aille m’enregistrer au poste de gendarmerie.

C’est à 16h, un vendredi, que nous allons frapper à la porte du poste, à l’entrée du village. Au bout de quelques secondes, un grand « black » nous ouvre les portes et d’un ton lent et calme, il demande en berbère ce que nous voulons.

Je comprends bien à sa manière de parler que nous le réveillons en plein milieu de sa sieste !...

Il nous fait entrer dans un bureau sans chaises et d’un pas lent mais certain cette fois-ci, il nous apporte des chaises et nous fait asseoir.

Les vingt minutes qui ont suivi ont été magiques ! A chaque frappe sur le clavier de l’ordinateur, le chef de poste prenait un instant pour se frotter les yeux comme un petit bébé qui vient de se réveiller auquel il ajoutait un lonnnng soupir !!!

Vous comprendrez bien que quand il a fallu écrire 14 rue Yvan Tourgueniev (mon adresse), il a dû s’y reprendre à 5 fois avant de réussir à trouver les bonnes touches !!!

            Je croyais qu’il n’y avait que dans les films que nous pouvions vivre des situations comme celle-ci !.... Et bien non !!! La suite de mon séjour ici me permettra surement de vivre d’autres scènes de cinéma !!!

(Une des ses phrases marquante fut quand je lui demandai si je pouvais conduire la voiture de Lahoucine : « Avec un permis Français Ti peu TOUT faiRRRe !!! » -Merci Mr !)

 

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La limite pluie/neige descend de jour en jour ! 8°c à l'interrieur du gite ce soir !

 

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Le hameau sur votre droite

 

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Accueilli dans la maison traditionnelle en pisé de Lahoucine et Fatima, nous prenons, autour d’une petite table basse, le premier thé d’une longue série !... Je comprends rapidement que Fatima ne parle vraiment pas Français et que sa fille le parle un tout petit peu…!

Le hameau d’Aït Ayoub regroupe 11 familles au milieu des champs et des sommets encore enneigés pour certains.

 

Après un premier rendez-vous avec le comptable lors de notre passage à Azizal, Lahoucine recommence a parler affaire ! « Ici, c’est pas comme chez vous, on peut pas tout déclarer sinon c’est pas possible ! ». Le ton est donné !

Mon premier contact avec un comptable marocain fut aussi surprenant!... Dès sa deuxième phrase il me disait : « il faut que tu comprennes ‘’Missieur’’ qu’au Maroc c’est un système informel ! »

Cela tombe très bien puisque la problématique de mon mémoire est la suivante : « Comment passer d’une organisation informelle à une organisation formelle dans le cadre d’une création d’entreprise au Maroc ? »

Répondre à cette question et réussir à mettre les outils nécessaires à la gestion du gîte vont être un sacré défi !!!

 

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Une semaine est déjà passée et que d’expériences et de rencontres !

Ma nouvelle appellation a déjà fait le tour du hameau et tout le monde me connaît en tant qu’Ali, que Fatima avait choisi deux jours après mon arrivée : « Vincent trop compliqué, toi maintenant Ali. - D’accord. »

Lahoucine est bien parti comme prévu deux jours après mon arrivée !

Ici, tout le monde sait dire « Bonjour ça va !? » donc à chaque fois que je croise quelqu’un qui veut parler français (c’est à dire les ¾ des gens) j’y ai droit ! A part Lahoucine qui parle couramment français, personne ne le maitrise vraiment.

Le berbère n’est pas la langue qui se rapproche le plus du Français, il m’est donc complètement impossible de comprendre ce qui se dit lors des diner où tout le monde se met à parler fort d’un bout à l’autre de la pièce !... J’observe et voilà !....

J’apprends pas à pas et je ne désespère pas qu’au bout des 3 mois je puisse parler un petit peu berbère (qui est différent de l’arabe, cela serait trop simple sinon !!!).

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