Ascension Illimani 6439m

Publié le par Vincent

 

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Illimani, 6439m d’altitude, la dernière… !

 C’est après un trek de 10 jours dans la cordillère royale, un peu moins de 100km  parcourus et 7000 de dénivelé positif que j’avais prévu cette ascension, l’Illimani. Ce sommet qui depuis 10 mois se trouve face à moi, surplombe la ville impressionnante de La Paz. Il s’agit du second sommet le plus haut de Bolivie. Le sommet symbolique de la Bolivie ! Un formidable environnement glaciaire, des immenses séracs, 3 pics dont le plus haut culmine à 6439m d’altitude.

 

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Cette dernière ascension je l’avais prévue avec Gilles !

D’où sort ce bonhomme avec un nom français !?...

Gilles, c’est le mari de Marie-Ange et c’est aussi le père d’Orane et Anaé, 6 et 4 ans. Ces 4 OraGiMa viennent d’un petit village situé à coté d’Annecy.

En Mars dernier, ils sont arrivés en Uruguay, après 3 semaines de bateau entre la France et l’Amérique du Sud, pour entamer un voyage d’un an, en van, avec leurs deux filles.

C’est par l’intermédiaire d’une autre famille de voyageurs en camping-car, Anne Lise et JB, qu’ils avaient pris contact avec moi début Août.

 

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Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois avec Marie, Gilles et les filles quand ils étaient de passage à La Paz.

Cette rencontre avec cette magnifique famille atypique et marginaux malgré eux, a été tout simplement fabuleuse d’authenticité et de simplicité.

Attentifs, à l’écoute, avec cette envie de partager une vie, un parcours, ils vont au bout de leur philosophie de Vie et l’appliquent  à merveille.

« On nous dit que nous sommes courageux, mais non… pour nous c’est normal ! »

Il est vrai que c’est une remarque que l’on peut entendre régulièrement.

Pour eux comme pour moi, ces envies de découvertes, de voyages, d’ailleurs, sont ancrées au plus profond de nous. Il ne s’agit donc pas de courage mais d’envie, d’être en accord avec nous même, avec notre mode de pensée et nos rêves !

Comme le dit Paolo Coelho « C’est la possibilité de réaliser ses rêves qui rend la Vie intéressante ». Et je suis bien d’accord avec ce grand bonhomme !!!

 Avec Marie, Gilles et les filles nous avons cette passion commune de la Montagne qui a bien sûr aider à ce que le courant passe encore plus vite !...

Lors de notre première rencontre, je leur avais parlé de notre projet d’expédition et de notre film. Il se trouve que ce sont des grands fans du « Grand Bivouac » et je me souviendrai toute ma vie, lorsque je leur ai appris que nous allions présenter notre film à Albertville : « Tu te rends compte Gilles, on dine avec un réalisateur du Grand Bivouac !!!!!! »

Je crois que c’est à ce moment là que j’ai pris conscience de ce que cela représentait !

 Après le trek de 4 jours  dans la cordillère royale avec leur fille, organisé par Thaki, j’ai proposé à Gilles de m’accompagner faire ma dernière ascension sur l’Illimani avant de rentrer en France !

 

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C’est donc avec Hugo, mon pote guide de Montagne avec qui j’avais partagé l’ascension du Cololo durant l’expédition « A Chacun son Thaki en Bolivie », une ascension dont je me souviendrais toute ma Vie, que nous sommes partis.

L’Illimani est un sommet totalement isolé des autres chaines de montagnes. C’est pour cela que les nuages  sont souvent présents sur les sommets !

La dernière tentative d’ascension avec Anne du Huayna Potosi par la voix des Français avait été un échec. J’avais été malade durant la nuit précédant l’assaut final. Au fond de moi, je ne voulais absolument pas terminer sur un échec. Je voulais atteindre la cîme de ce magnifique sommet emblématique.

Mais en Montagne, nous ne faisons pas toujours ce que nous souhaitons.

C’est donc avec une grande motivation, une bonne préparation, grâce au trek fait dans la cordillère royale la semaine précédente, que nous entamions avec Gilles et Hugo cette ascension en 3 jours.

Après 4 heures de voiture de La Paz, 2h30 de marche pour le camp bas, nous arrivons au pied de cet énorme glacier.

Sur un haut plateau, nous pouvons alors observer à l’horizon un magnifique coucher de soleil et les lumières scintillantes de La Paz qui commençaient à apparaître.

 

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Le lendemain, sous un ciel « très très », trop couvert, nous entamons les 4 heures de marche par une arête rocheuse qui nous séparaient du camp haut situé à 5 500m d’altitude.

Sous des averses de neige, nous avançons « tranquillement, pas vite » dans un pierrier totalement instable et glissant. De temps en temps, le ciel se dégageait, nous faisant découvrir cette langue glacière sur notre gauche.

La particularité de l’Illimani, c’est qu’ici, les porteurs sont des porteuses !

Pour cette seconde journée, les mules n’ont pas la possibilité de monter jusqu’au camp haut. Ce sont donc les habitants du village de Pinaya qui travaillent avec les Andinistes en tant que porteurs/porteuses.

C’est toujours très impressionnant de les voir gravir, avec des sacs de 20kg maximum sur le dos, en sandales, comme des petits lapins pour arriver avant nous au campement.

 

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Après une petit maté, une petit sieste dans la tente (rituelle habituelle dans les camp de base !), nous avons profité d’un magnifique coucher de soleil donnant à la roche une couleur d’or fabuleuse ! Nous pouvions alors observer « de plus » près l’objectif du lendemain : le pic sud de l'Illimani à 6439m d’altitude.

 

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Cet assaut final ne fût sincèrement pas une partie de plaisir. Nous avancions progressivement dans la pente, en entrant de plus en plus dans une nappe de brouillard qui ne faisait que s’amplifier.

 

2heures après notre départ, alors que nous n’avions pas la possibilité de faire des « zigzags » en dehors du tracé puisque la neige était trop profonde, nous crampions directement dans la pente, nous nous arrêtâmes.  A peine deux secondes après cette petite pause, je me remettais à vomir… Il faisait froid, le soleil ne semblait pas vouloir montrer le bout de son nez et même si cela avait été le cas, l’épaisseur du brouillard dans lequel nous étions nous aurait empêchés de le voir !

 

Les pentes devenaient de plus en plus abruptes, 60/65°, la lumière du jour arrivait progressivement, le vent se levait avec, dans un même temps, les premières chutes de neige… !

Il était 6heures du matin et j’eux la mauvaise idée de demander à Hugo combien de temps nous séparait du sommet. Sa réponse fût honnête (malheureusement), « Por los menos, 2horas y media… » Au moins 2h30 encore !... AÏE !... comment j’allais pouvoir encore résister pendant 2h30 dans ce froid, dans ce brouillard sous cette neige….?

Sans réfléchir, nous repartîmes comme des machines, sans vraiment parler, sans vraiment réfléchir.

 

La dernière partie, sur l’arête sommitale, fût tout simplement une marche « vers le paradis »… Nous avancions, la tête dans les chaussures, face au vent qui venait congeler les toutes petites parties de peau qui avaient été laissées à l’air libre, dans un brouillard plus épais que jamais… J’avais l’impression de faire du sur place depuis 6heures… Je ne voyais pas le bout. Le sol était blanc, le ciel était blanc. Aucuns détails ne nous permettaient de nous rendre compte que nous étions en train d’avancer…

Je prenais alors 2 respirations par pas. Gilles était derrière moi. Je ne savais pas ce qu’il avait en tête mais je pouvais l’imaginer : « MAIS POURQUOI SOMMES NOUS LA ?????!! »

L’arrête n’en finissait jamais. Je demandais à Hugo de faire une pause, je n’en pouvais plus… J’étais congelé. Hugo nous annonçait qu’il ne restait plus que 5 minutes. Gilles prit la parole pour dire quelque chose qui me redonna l’énergie nécessaire pour atteindre CE sommet qui ne semblait pas vouloir de nous en ce samedi 21 Septembre…

Les mots de Gilles étaient efficaces : « c’est ENORME ce que nous sommes en train de faire Vincent ». Ni une ni deux, nous étions repartis, une respiration, un pas, une respiration, un pas. Gilles m’annonçait, une fois un bas, qu’il n’avait pas compris pourquoi nous avions accéléré sur les 5 dernières minutes !.... Désolé Gilles, il fallait que cela se termine le plus rapidement possible !!!

 

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8h49, 6439m d’altitude : Une fois au sommet, c’est simplement une satisfaction qui nous a envahi, chacun d’entre nous, d’avoir réussi à braver les éléments pour atteindre le second plus haut sommet de Bolivie.

 

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      Cette expérience me conforte une fois de plus dans mon idée de dire que le Ski de randonnée est le meilleur sport du Monde. On prend son plaisir en ascension, dans l’effort et la douleur (allez savoir pourquoi) et on prend aussi énormément de plaisir en descente !!!...

La descente de l’Illimani, dans le même brouillard que nous avions eu durant toute l’ascension et qui ne semblait pas vouloir se lever, ne fût pas franchement une partie de plaisir !!!...

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Merci Gilles d’avoir partagé ma dernière ascension en Bolivie, l’ultime défi d’une belle série !...

Merci Marie Ange, Gille, Orane et Anaé pour cette belle rencontre, pour ce que vous véhiculez, sans vous en rendre compte ! Profitez des 6 autres mois de votre voyage, profitez de vos aventures, profitez de la Vie ! ;)

A bientôt en France !

 

Publié dans Bolivie

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