Colca Jour 3: Fure à Tapay

Publié le par Vincent

 

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      « Au bon endroit au bon moment »

 

Départ 7h50 pour ce qui doit être la journée la plus longue mais avec le moins de dénivelé…

 

Les paysages découverts durant cette journée continuent de m’éblouir. Alors que pour certains, un canyon est un canyon, des montagnes sont des montagnes, pour moi, je regarde, avec des yeux d’enfant découvrant son nouveau jouet cet environnement qui ne cesse de me transporter. La nature. Qu’elle est belle cette nature verdoyante, ces rochers, ces falaises abruptes !

Le changement de lumière de la journée donne un caractère spécial aux montagnes, un jeu d’ombre sur les parois du canyon fait évoluer le panorama comme si le paysage changeait au fur et à mesure de la journée ! Ce n’est pas qu’une impression, il évolue !

 

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Hier soir, juste avant mon diner, j’ai croisé à Furé des Péruviens de Lima que j’avais vue lors de ma première journée. Ils étaient 4, ils ne sont plus que 3 !

Au ¾de la descente infernale du canyon de 3285m vers LLahuar se situant à 2300m, l’unique fille du groupe à fait demi tour !.. Ils étaient chargés comme des mulets avec tout le nécessaire pour camper. Lors de nos retrouvailles, un des trois chico n’avait plus de sac !

Apparemment c’est la fille qui a remonté tout le surplus !

Elle est belle la galanterie Péruvienne !!!

 

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La femme qui m’avait accueilli dans sa petite auberge m’a donnée les indications pour me rendre à Fure : Todo a la izquierda, toujour à gauche !  

 

 

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Le sentier descendu deux jours auparavant !

 

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Le sentier de cette journée m’a permis de voir l’autre versant du canyon, de traverser des petits villages durant ma journée, Cosniriua.

Une dernière montée pour atteindre Fure de 220m de dénivelé gravis en 45min sous un ciel orageux, la motivation supplémentaire pour arriver au plus vite et  éviter de ce faire rincer !

 

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Alors que mon altimètre m’indiquait l’altitude où devait se trouver le village de Tapai, deux chemins se sont offerts à moi. Un qui descendait où je pouvais observer un petit hameau en contre bas et un chemin qui partait sur ma gauche !!!...

Qu’est ce que je fais ??!

Alors que j’allais prendre la décision de descendre vers le hameau, la seule personne rencontrée durant la journée est apparue sur le sentier :

« - Por Favor, donde esta Tapai !?

- 5 minutos arriba ! »

 

J’étais en réalité au pied du village mais depuis l’endroit où je me situais, il était impossible de voir le village ! Oufff, ce petit péruvien est arrivé au bon endroit au bon moment !

 

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Ce sont des endroits comme cela où je me sens vivant, entier. La vie suit son cours, tranquillement, sans artifice, au milieu des montagnes où les gens travaillent pour se nourrir.

Des échanges simples où l’existence d’apriori est synonyme de néant.

« Tranquillo ! Les seuls bruits dans le village sont ceux du ruisseau, du vent dans les arbres et des animaux.

Il m’aura fallu 3 jours pour me plonger dans ces endroits que j’aime tant. La coupure avec ce monde où le rythme ne fait que s’accélérer au fur et à mesure où les jours passent. Quand est ce que cette course sans ligne d’arrivée va s’arrêter ??!

 

Pourquoi sommes nous sur terre !?

Pour concrétiser nos projets, pour s’accomplir personnellement et de la même manière rendre heureux notre entourage, notre famille, nos amis…

Réussir à se détacher du poids que la société nous impose de manière implicite est une chose qui prend du temps et qui n’est d’une part pas facile et d’autre part pas faisable pour tous.

Ensuite vient le temps de trouver son propre chemin qui nous permettra de devenir la personne que nous souhaitons être.

Assumer ses choix me semble être l’étape de la Vie la moins évidente mais la plus importante. Une fois passé, il n’y a plus de remord, de regret ou de culpabilité. L’avenir nous appartient !

 

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Pourquoi ai-je besoin de partir à l’autre bout du monde pour m’accomplir ? Pourquoi m’infliger de tout recommencer à zéro à chaque départ !?

Pourquoi m’imposer ce stress, cette inquiétude qui me guète lorsque j’arrive dans un nouveau pays !? « Vais je m’en sortir ? »

Ces questions, malgré les expériences qui se multiplient, perdurent !...

 

Satisfaire une curiosité « maladive », vivre des moments de partage, simple avec des personnes qui n’ont pas la même manière de voir la vie.

Il faut aller les chercher ces instants de Bonheur, que ce soit sur un terrain vague sur la côte ouest de Nouvelle Zélande, avec un chercheur d’or, Mister P ; ou ce jour, au sommet d’un col à 3000m d’altitude au Maroc avec Hamed, un éleveur nomade berbère, partageant un thé ; et ces semaines partagées dans une ferme au milieu de nul part dans le fjord Marlborough en Nouvelle Zélande avec Noël et Debbie…

Tous ces instants me donnent cette force de repartir à la recherche du Bonheur, des moments de vie où le temps et l’espace n’ont plus de valeur.

 

28 Janvier 2012, 17h56, c’est à la suite d’une discussion naturelle que j’ai eu  avec un péruvien dans les petites ruelles de Tapai, en espagnol, que j’ai ressenti ce profond sentiment d’apaisement, démultiplié lorsque l’on se trouve avec des inconnus, aussi paradoxalement que cela puisse paraître.

 

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Un beau coucher de soleil pour finir une belle journée !

 

Publié dans Perou

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