Huayna Potosi pour une autre fois

Publié le par Vincent

 

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Au dernier plan, le Huayna Potosi et la voie des français, à droite, qui nous attends le lendemain

 

Après deux mois d’acharnement sur la réalisation du film de l’expédition franco bolivienne, nous avions programmé avec Anne et Hugo, de faire l’ascension du Huayna Potosi par la voie des Français.

Sommet certainement le plus fréquenté de tous dû à sa proximité avec La Paz, Anne avait déjà gravi ce sommet par la voie normal.

Notre objectif était donc d’atteindre la cime à 6088m par la paroi verticale, de 250/300m de long, inclinée à 60/75°…

Au départ de La Paz, les conditions climatiques semblaient excellentes pour cette première sortie en Montagne depuis l’Aventure dans la cordillère Apolobamba.

 

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      La voie des Français : Une paroi verticale que l’on peut apercevoir sur la photo à droite…

 

 

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C’est à 4800m que nous avons entamé dimanche nos 2 heures de marche pour atteindre le refuge du camp haut situé à 5260m.

Malgré quelques nuages, la météo était clémente. Tout l’environnement dans lequel nous étions était déjà recouvert d’une fine couche de neige.

En temps normal, en cette saison, il n’y a pas de neige à ces endroits là.

Le dérèglement climatique se fait aussi ressentir dans les Andes où normalement, les mois de Juillet et Aout sont des mois secs. Cette année, nous avons eu de nombreuses chutes de neige tardives. La semaine dernière encore, 2 jours de mauvais temps provoquaient d’importantes précipitations en altitude… Rien de bon pour les ascensions !

 

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Anne & Hugo durant la montée pour le refuge du camp de base, 5260m d'altitude

 

Après deux petites heures de marche, nous arrivons au nouveau refuge du camp de base du Huayna Potosi. Alors que le soleil commençait à se coucher, le vent se leva.

Les rafales violentes venaient frapper contre les petits murs du refuge.

Après le déjeuner, je commençais à sentir que nous étions montés rapidement. En l’espace de 5heures nous étions passés de 3700m (La Paz) à 5260m au refuge.

Malgré une acclimatation naturelle (8 mois à 3700m à La Paz), je ne me sentais pas en pleine possession de mes moyens.

Il faut dire que la nuit précédente nous avions dû aller chercher un client à l’aéroport à 01h30 du matin. Ajouté à cela une bonne dose de stress liée à la réalisation du film que je devais terminer pour le 31 aout pour pouvoir le présenter à différents festivals en France, vous obtenez une préparation physique pas forcément optimale pour une ascension !

 

 

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Alors que le soleil se couche, le vent se lève... par rafale il vient fouétté les murs du refuge... 

 

 

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Le lendemain matin...

 

Au matin de l’ascension, le réveil sonna comme prévu à 02h du matin. Durant toute la nuit, nous avons entendu ce vent qui ne cessa pas une seconde. J’étais alors bien content d’avoir passé ma nuit dans un refuge plutôt qu’à l’extérieure en tente…

Cette nuit fût une nouvelle fois très courte. A 5200m, les nuit ne sont jamais excellentes !...

Je commençais à m’équiper normalement alors que je sentais au fond de moi que je n’étais pas bien… Une sensation de nausée ne m’avait pas quitté de la nuit.

Après seulement 5 minutes debout, je n’y échappais pas… Un petit tour dehors et les effets de l’altitude se faisaient ressentir… Vomissements, tremblements…

 

Pas en forme le bonhomme !

Je tentais tout de même d’avaler un petit bout de cake mais en vain…

Il fallait que je prenne une décision. Nous n’avions qu’un guide. Je ne voulais pas faire redescendre la cordée à cause de moi… Il fallait prendre une décision préventive : personne ne pouvait me dire si ça allait passer ou non. J’étais le seul à pouvoir juger !

20 minutes après les premiers vomissements, l’état de mon corps ne laissait présager rien de bon. Des douleurs à l’estomac commençaient à apparaître.

C’est avec frustration et déception que j’annonçais à Anne et Hugo de partir sans moi…

 

Comme dirait Mr Kronental, « en Montagne il faut être humble » ! Il ne s’agissait pas de mettre en danger toute la cordée à cause de moi et de mon manque de concentration sur une voie technique. Je ne voulais pas prendre de risque… Alors que Anne et Hugo partaient à l’assaut du Huayna, je repartais me coucher… déçu !

 C’est à 8h, alors que le refuge commençait à s’animer que j’ouvris les yeux de nouveau… Le vent n’avait pas cessé de la nuit… Je pensais alors à Anne et Hugo qui devaient certainement être sur la paroi verticale, en plein vent...  

 

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Depuis le refuge, nous pouvions observer la voix des Français. Il n’y avait aucune trace… pas de Anne  ni de Hugo ! Il était 8h30 et ils auraient dû être au moins à la moitié de la paroi…

 Avec les conditions de neige, le vent, j’imaginais qu’ils avaient peut être été retardés ou qu’ils avaient changé de plan...

 

 

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Les cordées qui pour la plupart n'auront pas pu atteindre le sommet à cause d'un vent glacial trop violent ou des conditions de neige trop dangereuse...

 

C’est à 9h30 que j’aperçu Anne et Hugo en train de redescendre… Ils n’avaient pas pu atteindre le sommet.

Au pied de la paroi, ils avaient commencé à grimper alors qu’au même moment de part et d’autre d’eux, des plaques de neige décrochaient.

Deux petites coulées qui, une fois de plus, ne laissaient rien présager de bon pour la suite de l’ascension.

Au dessus d’eux, à 20m, une fissure de toute la largeur de la montagne n’allait pas arranger les choses. Après 10 minutes de réflexion, ils décidaient de redescendre sagement vers le refuge, laissant derrière eux la voix des Français !

 

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Les séracs du Huayna, toujours aussi impréssionnant ces décors de montagne !

 

 

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La déception et la frustration de n'avoir pu tenter l'ascension... La Montagne, c'est aussi ça !

 

Il n’y a pas de secret en Montagne ! Non seulement les conditions physiques de chacun doivent être à leur meilleur niveau, prêtes à affronter les difficultés liées à l’altitude mais en plus, il faut que les conditions météorologiques et de neige soient bonnes.

Pour cette tentative, en ce début Septembre, rien n’était réuni !

Il faut savoir renoncer en montagne, malgré la déception et la frustration.

Cela doit faire partie de l’apprentissage !

 

Huayna pour une autre fois !....

 

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