La Vie berbère

Publié le par Vincent

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Ce sont ces images qui resteront marquées dans ma tête pour toujours, ces scènes de la vie quotidienne que j'ai eu l'opportunité de vivre avec ces berbères pendant trois mois.

Culture foncièrement opposée à notre société occidentale, ce Voyage reste le plus cours de ceux que j’ai vécu durant les trois dernières années,  le moins loin géographiquement de la France mais pourtant le plus différent et dépaysant.

Je me souviens encore des premières semaines passés dans la vallée qui n’ont pas été évidente. C’est grâce à une certaine adaptation que j’ai pu m’intégrer à cette communauté berbère dans laquelle j’ai vécu tout au long de ces semaines. J’ai vite compris que l’unique condition pour laquelle les choses se passent bien c’était qu’il fallait que j’oubli ma manière de faire occidentale et que je transforme mes façon de pensée en mode Marocaine.

Vivre avec ces personnages, paysans et agriculteurs du Haut Atlas marocain n’est pas compliqué.

Bien que certaines actions ou manière de vivre des évènements de la vie quotidienne puisse paraître surprenante, c’est une ouverture d’esprit qui permet de les comprendre.

Je pense à ce jour où l’on m’a invité à la circoncision du neveu de Lahoucine. Opération réalisée dans un le long salon marocain des parents de l’enfant, où seul les hommes avaient le droit d’être dans la salle, où les femmes restaient derrière la porte à attendre que nous finissions de manger pour à leur tour manger « les restes ».

Je pense à ce jour où l’on m’a convié chez des amis de Lahoucine qui venait de perdre le chef de famille. Selon Lahoucine et les berbères de manière générale, « La mort fait partie de la Vie. Dans la Vie il ne faut pas être triste. Alors il ne faut pas être de la mort ».

Raisonnement peut être simpliste mais qui permet de relativiser un certains nombres de choses comme la disparition d’un proche.

C’est donc à « une fête » que nous nous sommes rendus avec Lahoucine chez la famille du défunt qui recevra pendant une semaine des visites quotidiennes des membres de la vallée et qui partageront leur nourriture.

 

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Vivre dans cette culture c’est admettre un certain de chose sans pouvoir en discuter et encore moins sans pouvoir les remettre en cause ou les faire évoluer !

Ce sont ces femmes, à l’image de Fatima, qui n’ont cessées de m’impressionner tout au long de mon séjour. Dans les champs, à la maison, avec les enfants, en cuisine, ce sont elles qui gèrent les ¾ des tâches de la vie de famille sans aucune reconnaissance de leur travail.

C’est ce type de phrase qu’ils m’étaient strictement interdits de dire à haute voie.

« Les femmes vont juste couper un peu d’herbes ».

Alors que des réunions sont mit en place pour la création de coopératives pour les femmes, aucune représentante n’est présentes. Les hommes sont là pour décider, les femmes pour agir. Sans doute, vision un peu trop radicale,  c’est avec des « pincettes » que l’on parle de la situation de la femme au Maroc et dans cette région berbère.

L’image qui se dégage d’une famille berbère dans un premier temps est la suivante :

L’homme est la pour dire ce qui doit être fait et les enfants et la femme suivent les instructions du chef de famille. L’image de l’homme fort, puissant, responsable.

Lorsque l’on vit avec une famille comme ce fût mon cas, on réalise que cette image que les hommes souhaitent montrer et entretenir n’est pas vraiment représentative de la réalité.

 

 

 

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Hassan, Hmed, Ali, Hassan et .... Hassan !...

 

Un autre élément typique de cette société berbère qui m’a fortement marqué et qui m’a demandé sans doute le plus grand recul c’est la manière de s’exprimer.

Pendant trois mois j’ai cherché une traduction du « S’il te plait ? » mais Wallloooooooo !...

Quand on les écoute parler entre eux, cela donne l’impression qui ne veulent pas perdre de temps avec les politesses et qu’ils vont à l’essentiel directement.

Alors que nous étions tous assis autour de la table lors d’une pause « atéï » (thé), que Fatima avait mal au genoux depuis 10 jours, c’est un de ses enfants qui lui a dit : « Amen » (« Eau ») pour obtenir un verre d’eau alors qu’il avait la possibilité d’aller le chercher lui même.

Cette manière de faire n’est pas unilatéral mais fonctionne dans tous les sens. Les enfants s’adressent de cette manière à leur mère (rarement à leur père) et les parents s’adressent de cette manière à leurs enfants sans qu’il n’y ait de problème.

Cela fait souvent rire tout le monde quand je sortais de table, alors que je ne m’étais pas levé une seule fois durant le repas, que je dise « Saha Fatima », Merci Fatima.

 

            Il n’y a donc très peu de politesse dans leur manière de s’exprimer mais en revanche on peut sentir un réel respect de la part des enfants envers leurs parents et les personnes plus âgées.

L’esprit de famille est resté intact et c’est au cours d’une réunion de famille organisée par Lahoucine à  laquelle j’ai été convié que j’ai senti une fois de plus cet aspect d’union.

 

Quitter ce hameau sera pour moi comme quitter une nouvelle famille qui m’avait ouvert leur porte et leurs cœurs naturellement.

Il est sur que je reviendrais un jour Inch’Allah dans ce hameau pour revoir toutes ces personnes avec qui j’ai créé de vrai lien durant ces trois mois.

 

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Norah et une de ses amie devant le gîte

 

 

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La dernière petite Norah du hameau

 

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Fatima, à 6h du matin entrain de faire le pain dans sa cuisine

 

 

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Cette cuisine dans laquelle j'ai tant de souvenirs magiques !...

 

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Les petits gateaux de LA Fatima

 

 

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Ali entrain de faire son pentalon en laine.

 

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Lahoucine et son stagiaire: Vincent dit Ali !... :)

Publié dans Maroc

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Ella 10/01/2016 00:21

Bonjour,
Je souhaiterai partager le quotidien d'une famille berbère pendant quelques semaines... Comment etes vous entré en contact avec cette famille ?
Merci par avance

Ella 10/01/2016 00:22

* souhaiterais