Le Grand départ: De Lagunillas à la Laguna Chuchuja

Publié le par Vincent

 

16 Mai Départ de La Paz :

Jeudi 16 mai, ça y est, le grand départ est arrivé. Cela faisait des mois qu’on en parlait. Nous allions ouvrir un chemin dans la Cordillère Apolobamba au nord du pays.  Toute l’équipe de guides de montagne était présente. Il  y avait de l’excitation dans l’air.Le matériel était prêt, rien ne devait manquer pour ces 15 jours d’aventure. Il nous fallait encore acheter deux ou trois dernières choses : 300 « maraquetas », les petits pains de La Paz et de la viande pour les premiers jours de l’expédition. C’est depuis l’alto que toute l’équipe se retrouva et que nous prîmes la route vers le Nord du Pays ! C’est sous la pluie que se fit la route sur les hauts plateaux longeant la Cordillère. Cela n’altéra pas notre moral. Il pouvait pleuvoir aujourd’hui. Cela allait s’arranger pour le trek, on y croyait !

 

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Dans un décor apocalyptique, nous arrivâmes à Lagunillas, dernier petit village avant d’entrer dans la chaine de montagne de l’Apolobamba. Il faisait nuit, une brume épaisse donnait à ce village un caractère fantomatique. Nous avions connaissance de l’existence d’une auberge dans laquelle nous pouvions passer la nuit. Camper sous la pluie n’enchantait personne et nous avions tout notre « bazar » à organiser. Les gars étaient partis chercher la personne qui détenait les clés du gîte et 30 minutes plus tard, nous déchargions les deux véhicules. En quelques instants tout l’espace de l’auberge était occupé par la tonne de matériel que nous possédions. 

 

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Arrivée au gîte où nous passerons notre dernière nuit sous un toit en dure avant l'expé

 

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Atelier Autocollants pour les guides

 

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Les guides essayaient de répartir la nourriture de manière logique. Nous allions avoir 4 mules, il fallait bien gérer. Ils ont l’œil et l’habitude pour ce genre de chose. L’excitation et le stress étaient palpables dans le gite. Alors que les gars étaient en train de coller les autocollants sponsors sur leurs casques, Anne commençait à stresser pour le Grand départ. C’est elle qui s’était occupée de la plus grande partie de la logistique. Elle avait contacté Nicolas, un muletier de la cordillère avec qui elle avait fixé un rendez vous à 9h le lendemain. S’il n’était pas au rendez vous, cela risquait de compromettre fortement notre périple. La brume était toujours épaisse et nous allâmes nous coucher dans l’espoir d’avoir une amélioration pour le lendemain.

 

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Hugo et les sponsors

 

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Rolando appliqué dans le découpage !...

 

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      Répartition 14 jours de nourriture, 14 personnes, 4 mules... !

 

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17 Mai, Lagunillas à laguna Chuchuja :

 

La première phrase que j’entendis en ce premier jour d’expédition avait été énoncé par Nolberto : «  El Tiempo esta peor que ayer »… La météo est encore pire qu’hier ! Ouchhhhh… Nous avions tout prévu dans les moindres détails, le matériel, le gaz et la nourriture pour 14 jours en autonomie complète… mais pourtant un élément de taille nous avait échappé… La météo ! Nous n’avions même pas pris le temps de regarder les prévisions… car dans ce pays d’Amérique du Sud, on ne part pas en montagne dans les mêmes conditions qu’en Europe.

Il est en effet quasiment impossible d’avoir des prévisions météorologiques fiables.

Sans broncher, sans réfléchir, dans une ambiance feutrée, chacun préparait ses affaires pour aller à la rencontre des 2 muletiers et des 4 mules. Toujours autant stressée, Anne n’avait qu’une envie : voir apparaître dans ce brouillard épais la silhouette de Nicolas et son ami… Elle avait embarqué avec elle 6 guides de haute montagne, 2 aspirants dans cette aventure, certes captivante mais aussi longue et sans certitude ! C’est aussi ça l’exploration…

 

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Cela faisait déjà presque une heure que nous attendions sous la pluie. Et si les muletiers n’arrivaient pas ? Sergio s’acharnait sur le téléphone. Pas de signal, rien ne semblait bouger dans la brume. On commençait tous à être trempés. Les guides s’étaient abrités, à 5, dans le coffre de la voiture d’Andrés. Soudain, Nicolas répondit à l’un des appels de Sergio. . Ils n’étaient pas loin. Et en effet, on aperçut 2 silhouettes dans la brume, protégées par des bâches plastic, le poncho local !

Cela faisait deux jours et deux nuits qu’ils étaient partis de Pelechuco, deux jours et deux nuits à marcher sous la pluie. Ils étaient trempés et fatigués. En les voyant trempés comme des soupes, on espérait tous que ce troisième jour de pluie soit le dernier !

 

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Jour J !    

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Toute l'équipe avec les muletiers qui viennent d'arriver !

 

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A l'abri pendant que les muletiers s'organisent à répartir le poids

 

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Pour pas que la mule ne bouge trop, Nicolas lui bande les yeus !

 

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Et sous un magnifique temps, c'est partiiiii !

 

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      Pause Pic Nic dois au vent et à la pluie !

 

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Alors que Anne et Andrés partirent prendre les dernières informations auprès des dernières habitations, toute l’équipe organisa le chargement sur nos 4 mules. La pluie ne cessait pas et le brouillard s’épaississait…

1 heures après le départ, nous rejoignîmes les deux ouvreurs qui avaient été accueillis chez une vieille dame toute courbée. Surprise de les voir débarquer de nulle part. Elle ne parlait que quechua de ce qu’ils comprirent. Accueillis comme des petits princes par tous les membres du petit hameau, ils partagèrent un café chaud avec un jeune couple et la vieille dame.

 

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Une fois toute l’équipe réunie, nous entamions l’ultime partie pour rejoindre la lagune à coté de laquelle nous allions passer la nuit. Il nous fallait monter une barre rocheuse avant d’y arriver.

Les gens du village plus bas nous avaient dit que des montagnards faisaient le sommet prévu pour le lendemain, depuis ce lac. Une fois toute l’équipe là haut, nous décidâmes donc de rester là. Idéalement il nous aurait fallu monter plus haut, plus proche du glacier, mais nous étions tous trempés et il était temps de monter le camp. Nous décidâmes de nous réveiller à minuit pour voir s’il était possible d’attaquer l’ascension dans la nuit.

 

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Arrivée au campement sous une pluie torrentielle    

 

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